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Fibromyalgie et Sophrologie

Qu'est ce que la fibromyalgie?

Souvent définie comme un syndrome de fatigue chronique à composante rhumatologique et longtemps pensée en lien avec un facteur psychosomatique, la fibromyalgie est une maladie polymorphe au diagnostic complexe et aux causes encore inconnues. Elle a été reconnue par l’OMS en 1992.

Egalement appelée syndrome polyalgique idiopathique diffus, il concernerait entre 2 et 5% de la population, principalement des femmes. Certains médecins pensent qu’il résulterait entre autre d’un excès de stress chronique.

Par ailleurs, il serait très peu probable de développer une fibromyalgie en l’absence d’un terrain génétique d’hypersensibilité, la fatigue accroissant cette dernière.

Les symptômes et causes éventuelles de la fibromyalgie

Douleurs articulaires, fatigue, troubles du sommeil… Les symptômes de la fibromyalgie sont nombreux et peu caractéristiques. Le fait que l’on ne puisse déceler aucune lésion ni inflammation lors d’examens médicaux en présence de douleurs pourtant bien réelles et ressenties par les patients, rend cette maladie atypique difficilement accessible à la connaissance. On l’appelle d’ailleurs souvent “la maladie invisible”. Ce qui accroît le sentiment de solitude et d’incompréhension des personnes atteintes ainsi que de leur entourage.

Les connaissances actuelles laissent penser que ce syndrome serait le fait de plusieurs facteurs concomitants : des facteurs physiologiques (troubles hormonaux, troubles du système nerveux), des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux (traumatismes psychologiques, chocs émotionnels...). Une des caractéristique des personnes souffrant de fibromyalgie serait l’activisme dans lequel elles se seraient réfugiées en menant un rythme de vie intense, en prenant beaucoup de responsabilités sur leurs épaules et repoussant toujours plus loin leurs limites. L’activisme étant un mécanisme de défense, souvent inconscient, qui consiste à s’activer afin d’éviter de penser et de se laisser envahir par des pensées négatives ou anxiogènes.

Ceci étant en lien avec un niveau de stress intense au quotidien: les personnes très actives ou ergomaniaques (pour qui il est difficile de s’arrêter de travailler) seraient plus susceptibles de souffrir de fibromyalgie. La suractivité serait un "facteur facilitateur de douleurs chroniques". Ces patients sont souvent perfectionnistes.

Ainsi, c’est un peu comme un fonctionnement en “mode automatique”. Le risque étant que nous soyons déconnectés de notre corps et de ses messages. Cet organisme qui souffre nous enverrait alors des signaux de détresse et de survie de plus en plus intenses afin d’être entendu et considéré. La plupart de ces signaux se manifestant par des douleurs.

Ce trouble est caractérisé par des douleurs des muscles et des tendons le long du rachis, une fatigue ainsi que des troubles du sommeil, entraînant un syndrome de dépression qui va de ce fait augmenter la sensibilité à la douleur (nociception).

"On retrouve les troubles du sommeil dans la majorité des cas, sans pouvoir clairement déterminer s'ils sont une cause ou une conséquence de la maladie. Souvent non exprimés parce qu'anciens, les troubles du sommeil sont, sans doute, un point central dans la fibromyalgie", précise le Dr Arthur Wulvik, rhumatologue (Paris).

Ces symptômes peuvent s'accompagner de différentes manifestations :

  • jambes sans repos

  • céphalées

  • intestin irritable

  • acouphènes

  • divers problèmes digestifs

  • fatigue extrême

  • etc...

Ces symptômes sont donc souvent ajoutés à un sentiment global de mal-être et de douleurs qui touchent principalement les muscles, mais aussi les tendons et les organes internes, en particulier le tube digestif et la vésicule biliaire.

La douleur touchant les racines des membres ( là où les muscles sont raccordés, par les tendons, aux os) caractérise la forme appelée fibromyalgie.

Le stress favorisant des tensions musculaires, celles-ci affectent les tendons qui subissent une inflammation. On pourrait dire pour simplifier que la fibromyalgie est un syndrome de fatigue chronique compliqué par une tendinite généralisée.

Les muscles et les fascias (sortes de gaines fibreuses qui enveloppent les muscles) sont aussi affectés : provoquant des tensions sensibles qui peuvent devenir chroniques et constituer des contractures douloureuses, souvent sous la forme de « nœuds », de crampes fréquentes…

Diagnostic de la fibromyalgie

En aucun cas un(e) sophrologue est habilité à poser un diagnostic fibromyalgique. C’est le médecin qui posera celui-ci après avoir effectué les examens cliniques et biologiques nécessaires et après avoir éliminé les éventuelles pathologies présentant des symptômes identiques à la fibromyalgie.

Dès 1990, le collège américain de rhumatologie (American College of Rheumatology) adoptait des critères de classification de la fibromyalgie :

  • Douleurs diffuses dans la région axiale, c'est-à-dire le long de la colonne vertébrale, ainsi que sur les côtés droit et gauche du corps depuis au moins trois mois ;

  • Douleur ou sensibilité anormale à la palpation d'au moins 11 points listés ci-dessous sur 18.

Cet état douloureux contribue à aggraver des tensions musculaires, une fatigue physique, une fatigue psychologique, une tendance dépressive, et des troubles du sommeil. Voire à réduire l’activité physique qui est pourtant nécessaire au maintien de la masse musculaire. Or le mouvement est à la fois un antidépresseur et un antalgique. Lorsque nous bougeons moins physiquement, nous laissons la place aux pensées négatives, et, sur le plan neurologique, au passage des informations douloureuses.

 

Ce n'est qu'une fois le diagnostic posé que le médecin pourra décider de la prise en charge spécifique de la maladie permettant de soulager le patient.

Le facteur psychologique dans la fibromyalgie

Contrairement à ce qu’il a été dit, la fibromyalgie n'est vraisemblablement pas une maladie psychosomatique. Mais certaines caractéristiques psychologiques interviennent comme facteurs de déclenchement ou de pérennisation de l'affection: la maladie est souvent reliée à un événement déclencheur (stress intense, traumatisme, choc émotionnel, anesthésie…). On ne naît pas douloureux chronique, on le devient.

"Une telle situation peut amener le médecin à diagnostiquer un trouble psychologique (parfois rapidement) ou au contraire à rechercher (parfois désespérément) des preuves d'une maladie organique…. selon son propre degré de résistance à l'écoute de la souffrance de l'autre !" commente le Dr Muller qui s'empresse de préciser : "Ce n'est pas parce que la plainte a une composante psychogène que la douleur n'est pas réelle !"

Les nombreux travaux menés ces vingt dernières années grâce à l’imagerie cérébrale ont confirmé ce que chacun sait intuitivement: Le contexte et son impact psychologique peuvent moduler la douleur dans un sens et dans l’autre. Les neuroscientifiques parlent de voies nerveuses ascendantes, pour la douleur qui remonte d’un endroit du corps malmené (stimulus douloureux), et de voies descendantes pour celles qui partent du cerveau (pensées, émotions, mémoire etc.) pour venir moduler la douleur. Comme si les deux influx se rencontraient pour décider de l’intensité et du caractère plus ou moins déplaisant du message sensoriel envoyé par le corps.

 

Le cerveau module donc la douleur. Cette modulation peut donc amplifier ou atténuer la douleur. En anticipant et imaginant les bienfaits et les sensations agréables procurés par un certain soin (massage, caresse, bain chaud etc...) le cerveau envoie des influx nerveux à l’organisme qui atténuent la douleur. A l’inverse, imaginer et anticiper sur une sensation de douleur, ne serait-ce qu’en visualisant des images représentatives de la souffrance, participe à la production d’influx nerveux par le cerveau qui vont véhiculer la douleur.

Les personnes qui souffrent de fibromyalgie ont des zones de la douleur qui peuvent s’activer dans le cerveau même en l’absence de tout stimulus douloureux.

 

Ce qui est intéressant avec cette meilleure connaissance de la modulation cérébrale de la douleur, c’est qu’elle peut être utilisée au bénéfice de la personne qui souffre. De nombreuses thérapies non médicamenteuses reposent sur la modulation des circuits cérébraux de la douleur. Avec la pratique de la sophrologie nous allons développer notre capacité de détente par le biais de la relaxation, ainsi que notre capacité à nous relier à nos sensations agréables par le biais des visualisations cérébrales et ainsi développer une bonne capacité de gestion des émotions.

Mieux vivre avec la fibromyalgie par la sophrologie

Même s’il n’existe pas de traitement connu pour guérir la fibromyalgie, il existe une prise en charge.

Parmi les différents protocoles de soins figure l’accompagnement sophrologique.

Grâce à différentes techniques de relaxation et de méditation, la sophrologie aide les personnes atteintes de fibromyalgie à se relaxer sur les plans physique et moral. Elle leur apprend à ne plus subir leur douleur et peut améliorer notablement leur qualité de vie.

Selon le Dr Dominique Servant, psychiatre, spécialiste du stress : "La sophrologie offre de larges possibilités d'intervention, aussi bien sur la douleur physique que sur les souffrances morales qui y sont associées."

Ainsi, la pratique de la sophrologie va permettre de renouer avec ce corps qui souffre et qui est souvent considéré comme un ennemi, de renouer avec notre organisme qui cherche à s’exprimer par la douleur, le prendre en considération, faire la paix avec lui, afin de pouvoir l’aborder sous un autre angle et ainsi contacter nos sensations agréables masquées par les douleurs, leur redonner toute leur place, consciemment, et développer une relation fluide avec celles-ci.

Par la pratique de la sophrologie, nous allons “mettre de notre côté” la puissance de notre mental. L’intentionnalité étant d’activer de nouvelles ressources qui vont s’intégrer naturellement en nous en développant notre capacité de détente, de lâcher-prise, de récupération.

En développant une gestion efficiente de la douleur, nous agissons sur notre charge de stress que nous diminuons, permettant ainsi au corps de récupérer et de retrouver de l’énergie. L’énergie bloquée par la douleur peut donc être libérée. Le corps récupère. Ces outils sophrologiques n’agissent pas sur la cause de la douleur mais sur la sensation de la douleur.

En apprenant à écouter notre corps, à le relâcher pendant ces séances, nous pouvons le sentir plus léger, plus souple, plus « vivant » dans nos gestes et postures quotidiennes.

La sophrologie étant un travail sur la prise de conscience, peut-être que la personne souffrant de fibromyalgie réalisera que pour se protéger des douleurs constantes et les “étouffer” elle aura développé une qualité de respiration bloquée, entraînant un surplus de tensions musculaires qui de ce fait renforcent les douleurs.

Peut-être que nous pouvons commencer par écouter la douleur, afin d’accueillir le message, prendre en considération notre organisme dans sa globalité, et renforcer une relation harmonieuse avec celui-ci.

En développant une écoute active sur la douleur, nous pouvons prendre conscience qu’elle comporte des fluctuations: elle évolue entre des instants de “pics” et des instants d’apaisement, elle n’est pas installée pour toujours dans la même tonalité. En prenant conscience de cette information, nous intégrons le fait que la douleur peut évoluer dans les deux sens. Cette étape de prise de conscience est primordiale dans la gestion de la douleur.

Valoriser le positif, s’en nourrir pour retrouver de l’énergie, activer ses ressources pour pouvoir s’occuper du négatif, ce que nous appelons en sophrologie la « réalité objective ».

Le Dr Ranty précise : "Les techniques qui installent un état modifié de conscience entraînent des changements biologiques, notamment une baisse des hormones du stress (adrénaline et cortisone). Elles pourraient aussi augmenter la sécrétion d'endorphines. Pour moi, il ne fait aucun doute que ces pratiques améliorent les symptômes de la fibromyalgie, en particulier lorsqu'elles sont associées à une psychothérapie."

"La sophrologie apprend à faire face à ses émotions, à aborder la maladie différemment pour ne plus la subir. La personne reprend confiance en elle et gagne en qualité de vie. C'est un excellent complément", conclut le Dr Servant, regrettant que ce type de pratique, "efficace et non toxique", ne soit pas davantage utilisé.

Il n’est pas aisé de parler de sa douleur qui représente quelque chose d’intime: elle est un signal en lien direct avec notre histoire, un sentiment de faiblesse peut-être. Commençons par mettre des mots dessus, déjà pour nous-mêmes. Cette démarche peut nous permettre par la suite de partager notre écoute et notre expression avec les personnes en qui nous avons confiance : familles, amis, médecins, thérapeutes et toutes personnes rencontrées dans un cadre bienveillant. Ceci permet à chacun de sortir de cette impuissance face à la douleur chronique et ainsi de cheminer vers un mieux-être, ensemble.