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La ronde des séparations

Texte issu du livre “La relaxation au quotidien” de Geneviève Manent
 
 
 

Bien au chaud dans le ventre de ma mère, je me sens en sécurité. Niché(e) en boule, je voudrais toujours y rester.

 

Un jour, pourtant, je sens le moment venu de passer à autre chose. Poussé(e), tiré(e), je sors la tête, le corps… Me voici tout entier libéré(e). Je peux enfin respirer.

Enfant, je donne la main à mon père. Il me tient, me porte. Fragile, hésitant(e) devant l’ampleur du monde, je suis fort(e) quand il me guide. Je voudrais qu’il soit toujours là pour me raconter des histoires. Je me sens très attaché(e) à lui mais je dois le quitter souvent. Quelque fois j’ai envie de le lâcher, de courir tout(e) seul(e) dans la montagne, sur la plage, au bord de la rivière, de découvrir la vie tout(e) seul(e), moi tout(e) seul(e). Quel plaisir !

 

Et un jour, tout bascule. Je suis grand(e), quand même ! Je souhaite que ça change dans ma vie, même si je redoute ce qui va arriver. J’ai peur de me perdre, je risque de me trouver.

Je m’habille comme les copains, j’écoute la même musique, je veux être comme eux, tout comme eux. Et pourtant, je me sens si différent(e), jamais comme les autres. Je vais les quitter, eux et leurs idées.

 

Je me sens seul(e), je suis seul(e). J’ai 18 ans et, sans bagage, je parcours le monde. Monde des idées, des utopies, monde des sensations, monde des continents. J’explore tous les possibles. Je veux tout, ne renoncer à rien.

Et bientôt je n’ai plus qu’un désir, me poser, m’installer.

Devrais-je perdre cette légèreté, cette liberté, cette attitude sans soucis ?

Le monde de l’amour m’appelle, le monde des toujours me happe. L’éphémère n’est plus.

 

Enfants qui êtes ma joie, vous me volez mon temps, mon insouciance. Enfants qui me faites grandir, ce n’est plus moi qui vais à l’école, mais j’apprends grâce à vous.

A mi-vie, mi-route, je commence à être fatigué(e), j’ai besoin de confort. Ce n’est plus comme avant.

La quotidien familial se distend. Pourquoi ne pas mettre en doute mes repères ?

J’ai peur…

Est-ce que je me serais trompé(e) ? Je m’accroche au passé, au cocon. Non, je m’ouvre.

 

Porté(e) par mon expérience et tout ce que la vie m’a appris, je décide de me lancer dans une nouvelle aventure, jamais osée.

Je lâche mes croyances qui m’enferment. Je me détache de mes habitudes. Je m’ouvre à d’autres dimensions. Et je comprends, je vois des aspects des choses que je n’avais jamais vus.

Dépendance ou autonomie… Attachement ou liberté… Amour toujours ou jamais…

 

Je dis : la vérité est relative. Et j’en fais un absolu.

Je dis : la vérité est absolue. Et je relativise.

 

J’ai ¾ de siècle, les années me poussent loin de ma jeunesse et je m’y accroche. J’ai perdu la couleur de mes cheveux, la fraicheur de ma peau, une partie de ma mémoire.

Parfois, je radote gentiment dans mes souvenirs. Où est la vitalité de mes 20 ans ?

Autour de moi mes amis commencent à disparaitre. Mon cœur a souffert.

 

Le soleil vient de disparaitre, et je regarde monter la lumière à l’horizon. Le ciel devient flamboyant, moment magique, inégalable, délicat et subtil comme il y en a peu au cours de la journée.

La flamboyance existe parce que le soleil a disparu.

 

Je quitte la vie, la terre de l’ici et maintenant. Je m’endors dans la mort. Je rencontre la lumière, je rencontre des êtres de lumière. Je m’émerveille de ce qui arrive. Je découvre des espaces nouveaux. J’aborde les rivages d’un autre monde. Mon corps se perd, mon être se trouve. Ici se termine mon incarnation : un cycle nouveau commence,

 

 

 

 

 

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